Interlude

Nous vivons quand même dans une étrange époque

Les greniers sont pleins, les vitrines débordent,
et pourtant la faim marche encore parmi les hommes,
le ventre vide et la bouche cousue.

L’eau coule encore, mais elle a un prix avant d’avoir un gout..
L’air est devenu lourd, il brûle les poumons,
on pense peu, mais on consomme beaucoup.

Les écrans nous rassurent, les chiffres nous endorment,
et pendant que la foule discute, des décisions irréversibles passent en silence.

Les lois changent plus vite que les consciences.
Les scandales durent moins longtemps que les pubs
et meurent avant la nuit

Tout est sous contrôle.
On appelle ça le progrès, on appelle ça l'évolution

Ici, on parle bas,
On nous a appris à nous méfier des inconnus…
Mais jamais de ceux qui nous sourient trop.
parce que même les murs ont appris à répéter.
Et les oreilles ont appris à trahir sans remords

et des poignards se plantaient dans le dos pendant qu’on parlait de loyauté.
Et quand le sang touche la poussière, on te demande pourquoi tu salis le sol.
On nous a appris à encaisser. À serrer les dents et accepter la douleur
Mais jamais à demander pourquoi.

Alors aujourd’hui, la valeur d’un homme se pèse
au poids de ce qu’il produit et au prix de ce qu’il accepte de sacrifier.

Les enfants héritent des ruines..

est-ce qu’il restera encore quelque chose qui mérite d’être sauvé ?


Auteur : Neka
Album : Memento Mori (2026)